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  les exposés pour élèves
 

Cyberarnaque dans l’enseignement

 

 

Le cyber enseignement prend de plus en plus de l’ampleur dans notre pays.A défaut de documentation, le livre étant trop cher, écoliers et collégiens se rabattent régulièrement sur les cybercafés en déboursant de l’argent pour réaliser les exposés qu’on leur demande d’accomplir dans leurs établissements.
Le système éducatif étant ce qu’il est actuellement, les responsables lui en rajoutent une autre dose d’ineptie, privant nos élèves de tout effort. Car si ces responsables, dans l’espoir d’inciter les enfants à la lecture et à la recherche, ont instauré ce système d’exposés, il en ressort qu’ils passent carrément à côté de leur sujet. Les jeunes écoliers se relayent sur les cybercafés comme les chalands qui font leurs provisions chez les épiciers. L’essentiel pour eux, c’est de remettre leurs devoirs à leurs maîtres pour éluder toutes remontrances sans au préalable avoir jeté un oeil sur le contenu des feuillets qu’ils payent au prix fort au grand dam de leurs parents qui arrivent difficilement à joindre les deux bouts. Pour en savoir plus sur ce phénomène, nous avons sillonné Alger pour constater de visu le drame que vivent ces élèves qu’on abêtit de plus en plus en leur imposant des programmes venus d’ailleurs sans avoir pris le soin de mettre en place les moyens nécessaires à leur progression intellectuelle. «Si dans les pays développés on paye pour s’instruire, en Algérie, en revanche, on débourse de l’argent pour s’abêtir», ce sont là les propos d’un parent d’élève, un peu avisé mais dépité de ce qui arrive à son fils qui passe son temps à lui demander de l’argent pour se faire imprimer les quelques lignes relatives au thème de son exposé. «Je ne vois pas l’utilité de ces exposés s’ils ne sont pas bénéfiques pour nos enfants qui n’ont même pas les capacités de comprendre le contenu de ce qu’ils tirent sur Internet», a-t-il ajouté. Naïfs et ingénus qu’ils sont, les écoliers dépouillent leurs parents de leurs maigres revenus sans se rendre compte qu’ils font l’affaire des propriétaires des cybercafés qui, outre les bénéfices qu’ils tirent des internautes, profitent de cet argent providentiel qui leur est offert sur un plateau. Rencontrée dans un cybercafé, situé en plein coeur de la capitale, la petite Narimane, âgée à peine de 10 ans, élève de 2e année moyenne, demande, avec sa voie puérile et pleine d’innocence, le coût de l’opération d’impression du thème de son exposé. Sans même avoir l’obligeance de la regarder, le propriétaire, ravi de l’aubaine, lui répondit «çà te coûtera 35 DA» et il se replonge dans son micro. Un exposé ayant trait à l’histoire contemporaine de notre pays qu’elle n’aura même pas la peine de consulter, l’essentiel pour elle étant de satisfaire sa maîtresse comme elle a tenu à le souligner: «Moi et mes camarades de classe sommes tenus de présenter quatre à cinq exposés par mois. Trop peu d’entre nous, aidés en cela par leurs parents, lisent ce qu’on nous imprime sur internet». Un aveu, même s’il provient de la bouche d’une gamine, renseigne sur l’étendue du drame que vivent ces enfants si l’on sait que même les étudiants universitaires ne lisent presque pas ou le font très peu.
Plus loin, alors que les internautes sont occupés à tchatcher, le propriétaire d’un cybercafé est lui en pleine discussion avec un collégien qui peine visiblement à lui expliquer le sujet de son exposé. Sans même avoir compris, le responsable du lieu en question «clique» sur la souris de son poste et entame ses recherches non pour rendre service au môme mais uniquement pour lui soutirer quelques sous. Une fois l’opération achevée, le gamin prend ses jambes à son cou comme pour signifier que sa mission était terminée sans se rendre compte que ses parents puisent dans leurs maigres revenus pour son instruction. Comble de l’ironie, certains propriétaires de cybercafés recrutent carrément de jeunes étudiants pour s’occuper de ces élèves ingénus qui malheureusement sont tiraillés entre l’école et ces commerces sans tirer le moindre profit.
A une question de savoir combien il gagne par mois dans ce commerce providentiel, le patron du cybercafé éluda sèchement notre demande mais aura tout de même cette réflexion. «L’électricité et le papier nous reviennent très chers !». Cependant, un simple calcul arithmétique démontre bien que ces commerces tirent un grand bénéfice de ces opérations qu’ils effectuent quotidiennement. Ne serait-il pas alors plus rationnel de doter les écoles de réseaux internet et d’inculquer l’amour de la lecture aux enfants au lieu de les jeter en pâture à des commerçants ? Il est incompréhensible de lancer cette campagne appelée «un micro pour chaque foyer» alors que nos écoles en manquent cruellement. Un propriétaire, un peu scrupuleux, dont le cybercafé se situe à Aïn Naâdja, a daigné nous renseigner sur tout ce qui a trait à ce florissant commerce. «Cela fait presque trois années que les élèves du quartier fréquentent de plus en plus mon établissement et je peux vous assurer que je ne me plains
pas». Une façon d’exprimer sa satisfaction de tirer des bénéfices en cliquant sur un bouton de micro.           Imad, élève studieux et habitant le quartier, raconte les déboires de ces camarades.
«Je n’ai jamais fréquenté ces lieux mais mes copains de classe le font régulièrement. Néanmoins, ce sont généralement les mauvais élèves qui fréquentent régulièrement les cybercafés dans le seul but d’échapper aux remontrances de nos enseignants». Il est en 2e année moyenne dans un collège de Aïn Naâdja. Ses parents prennent en charge son éducation, y compris ses exposés que son père s’occupe en personne d’imprimer avant de l’obliger à les lire intégralement. Résultat de cette prise en charge, Imad est le plus brillant de sa classe. «Mon fils, contrairement à ses camarades, n’est pas livré à lui-même. Un contrôle rigoureux lui est imposé et les résultats ne se sont pas fait attendre», dira fièrement son père, cadre de son état, qui s’insurge contre le programme scolaire et le peu de considération accordée aux enfants qui ne savent plus à quel saint se vouer pour accomplir leur devoir. C’est dire la différence entre des élèves qui sont réellement pris en charge et ceux qui ne le sont pas.
Mais là où le bât blesse, c’est certainement cette obstination des responsables du secteur de l’éducation à importer des programmes sans au préalable tenir compte des moyens éducatifs, logistiques et infrastructurels dont dispose le pays. Ce qu’on appelle en termes plus clairs l’absence totale de planification et ses conséquences. La refonte du système éducatif tarde à se concrétiser alors que le programme du président de la République en fait la priorité. En faire une priorité en est une chose mais la traduire sur le terrain en est une autre. Et si nos voisins marocains et tunisiens se montrent pragmatiques dans le domaine, il est malheureux de constater que notre système éducatif régresse au fil des années au point où l’école est devenue insupportable pour nos enfants.
 
 
 
 

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